Jolie fratrie // Manel, Fayrouz, Suzanne & Amalia

Sophie vient nous parler de sa fratrie 100% féminine composée de Manel, Fayrouz (bébé ange), Suzanne et Amalia. Des prénoms rares et envoûtants aux sonorités orientales, un joli rétro… On craque pour cette fratrie unique et multiculturelle !

Manel

« Pour ma premiere fille, le papa étant algérien, il nous fallait trouver LE prénom qui convienne aux deux familles. Nous ne voulions pas que d’un côté comme de l’autre on nous dise « il fait trop occidental ou trop oriental ». Et je voulais que notre future fille bénéficie d’un prénom qui lui rappelle toute sa vie sa double origine.

Nous nous étions mis d’accord pour connaître le sexe de notre futur enfant. Enfin surtout moi, car ayant eu des problèmes durant mon enfance avec mon père, j’avais « peur » d’avoir un garçon. Puis est arrivé le grand jour, celui de l’écho morphologique et ce moment magique où le medecin nous annonce la venue au printemps prochain d’une princesse. Pour nous, le choix du prénom était vraiment très très important, car nous avons attendus deux ans avant que je tombe enceinte. Il nous fallait donc un prénom avec un sens fort et qui reflète notre parcours de vie, l’attente, l’espérance. Le papa était pour sa part parti sur le prénom Louna (la lune), je le trouvais beau mais le sens ne reflétait pas ce que l’on cherchait. De mon côté, j’aimais le prénom Camélia qui est une fleur qui pousse sous la neige. J’y voyais donc un symbole de résistance qui me plaisait bien, mais pour le papa ce fut un non catégorique. Nous avons fait d’interminables listes.

Puis un jour, lors de nos vacances en Algérie, une petite fille est venue s’asseoir à côté de moi sur la plage. Je lui ai demandé quel était son prénom et là avec ses beaux yeux noirs qui pétillaient et sa jolie robe jaune, elle m’a répondu MANEL. Ce fut pour tous les deux le coup de foudre. J’ai voulu savoir ce que signifiait ce prénom en arabe : c’est quelque-chose que l’on désire et que l’on obtient, un rêve qui se réalise. En hébreu, c’est un dérivé d’Emmanuelle qui signifie « Dieu est avec nous ».  De plus, Emmanuelle était et est toujours un de mes prénoms préférés. Ces derniers éléments ont fini de nous convaincre. Le 25 avril 2005, Manel a pointé le bout de son nez. Une belle brune au teint caramel et aux grands yeux noirs. Une vraie princesse des milles et une nuits dont je rêvais.

Le prénom Manel a été vraiment bien acceuilli par nos deux familles et jusqu’à aujourd’hui (bientôt 11 ans) ma fille reçoit beaucoup de compliments sur son prénom et beaucoup de personnes pensent qu’il est d’origine bretonne. J’aime ce côté multiculturel et passe-partout. Et ma fille l’aime beaucoup. »

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Fayrouz

« Pour notre deuxième enfant, je suis tombée enceinte très facilement, 11 mois après la naissance de Manel. Nous penchions donc vers un prénom doux et qui évoque le bonheur. Malgré la joie d’être enceinte, je ressentais une angoisse, une boule dans la gorge, je n’arrivais pas trop à me projeter. Dès que je parlais de ce bébé avec quelqu’un, je me mettais à pleurer… Je me disais que c’étaient les hormones et que ça passerait… Mais au fil du temps et malgré une première échographie rassurante, cette boule dans la gorge s’était intallée et ne partais plus. Malgré mon insistance à refaire une écho au 4ème mois, le gynécologue a refusé et le 12 octobre 2006 à un peu plus de 6 mois de grossesse, nous partions tous les deux le papa et moi pour l’écho morphologique. Et toujours cette angoisse et cette boule dans la gorge. Malgré tout, nous allions voir notre bébé et cette fois nous ne voulions pas connaître le sexe. Nous avions déjà une fille et je m’étais faite à l’idée que finalement un petit gars c’est sympa aussi. Nous n’étions pas du tout au point au niveau prénom, pas trop d’idée à part Ryad pour un garçon, prénom suggéré par ma belle-soeur et qui nous plaisait à tous les deux et dont la signification (jardin du paradis) nous fera prendre conscience plus tard qu’il nous est envoyé du ciel.

L’échographie commence et nous nous réjouissons de voir notre bébé, mais notre bonheur va vite s’arrêter pour laisser place au plus grand désespoir et chagrin de notre vie. Je me rappelerais toute ma vie des paroles du gynécologue « Je suis désolé mais votre bébé a une maladie très grave ». C’était donc ça cette boule dans la gorge. Non, non, nous allons avoir le plus beau des bébé, un bébé en bonne santé. Je ne veux pas y croire, je n’arrive même pas à pleurer. Mon bébé, accroche toi, c’est juste un cauchemar et nous allons nous réveiller. Hélas notre bébé est atteint d’un spina bifida et de nombreuses malformations (cardiaques, son coeur est à droite, pulmonaires, rénales, cerébrales…) et notre cauchemar ne fait que commencer… Nous rentrons à la maison avec un rendez-vous quelques jours plus tard pour des examens complémentaires et une écho en 3D (afin de mieux voir les différents organes). Manel est là avec sa nounou, ma princesse, mon bonheur, ma vie, si tu savais… Nous nous rendons donc à cette autre échographie qui nous confirme le spina bifida et nous apprenons que notre bébé est sûrement atteint également d’une trisomie 18, souvent associée au spina bifida. On nous dit que bébé – s’il nait vivant – sera sûrement sourd, aveugle, muet, sondé, dialysé. Nous décidons que nous ne voulons aucun acharnement thérapeutique pour lui, enfin pour elle, car nous avons finalement demandé son sexe, pour nous aider à nous projeter…

Donc il nous faut un beau prénom pour notre deuxième princesse et le temps presse car j’aurai une amniocenthèse le 19 octobre afin de déterminer avec exactitude les pathologies de notre bébé d’amour. Le papa propose Rouloud et malgré la magnifique signification de ce prénom (l’éternité), je ne peux m’y faire. Mon oreille francophone ne s’habitue pas. Je lui propose le prénom Fayrouz : c’est le prénom d’une personne que j’ai connue et qui était aussi belle physiquement que moralement. Une personne courageuse et dont j’appréciais énormément la personnalité. Il me dit « oui ça me plait » et m’explique que c’est le nom d’une pierre précieuse : la turquoise qui dans les pays arabes et en orient est un symbole de victoire… Du positif, nous nous raccrochons à tous ce qui est positif. Et finalement le 18 octobre, je rentre à la maternité pour des contractions régulières et douloureuses et 22 heures plus tard le 19 octobre 2006 à 13h15 je donne naissance à une magnifique princesse brune au teint encore plus mat que celui de sa soeur et aux grands yeux vert olive. Elle s’appelle donc Fayrouz mais n’aura pas survécu à sa naissance.

Le prénom Fayrouz a eu un accueil bien plus mitigé que celui de Manel. Nous avons eu droit à des réflexions du style « Et si elle avait vécu, vous lui auriez quand même donné ce prénom ? » « Oh lala, on dirait le mot féroce mal prononcé ». Bref des réflexions très déplacées. En arabe, ce prénom à un petit côté rétro, du coup certains adorent et d’autres détestent. Quant à nous, nous sommes fiers de ce choix et oui même si elle avait vécu, elle aurait porté cet adorable prénom car c’est celui que nous lui avons choisi ! »

Suzanne, Roxane, Romaïssa

« J’avais divorcé du papa de Manel et Fayrouz et je venais de rencontrer mon conjoint depuis cinq mois. Les choses étaient claires : je ne voulais plus d’enfant car la maladie de Fayrouz est génétique et je ne voulais plus jamais revivre ça. Lui n’avait pas d’enfant mais n’avait pas spécialement envie d’en avoir pour le moment. Et puis j’avais Manel, nous étions comblés. Noël approchait et depuis déjà deux mois j’avais « la gastro » pendant 4 jours puis ça passait quelques jours et ça recommençait de plus belle pendant 4/5 jours et ça pendant deux mois. Jusqu’à ce que je me décide à prendre un rendez-vous chez mon généraliste. Il me dit d’emblée « Es-tu sûre de ne pas être enceinte ? ». Je n’avais jamais oublié ma pilule donc oui j’étais sûre de moi ! Et pourtant… Le médecin m’a quand-même prescrit une prise de sang au cas où… Je ne me suis pas précipitée pour la faire car je ne pensais vraiment pas être enceinte. Puis est venu le jour du résultat de cette fameuse prise de sang qui s’est révélée positive. Je n’en revenais pas ! J’étais dans tous mes états, je m’étais dit plus jamais et maintenant ? J’ai donc pris rendez-vous chez mon gynécologue qui m’a proposé l’avortement. C’est vrai que je lui avais dit quelques temps auparavant que je ne voulais plus d’enfant mais ça non, l’avortement jamais ! Rien que l’idée me donnait des frissons. Ce futur bébé était là et nous lui donnerions la vie ! Et là surprise à l’échographie, j’étais déjà enceinte de trois mois. Nous aurions donc un bébé en juillet. Mais l’idée que mon bébé puisse lui aussi être atteint me rendais malade. Nous avons donc opté pour une amniocentèse. Deux semaine plus tard, nous apprenions que nous attendions une petite fille en parfaite santé, ouf !! J’allais enfin profiter pleinement de ma grossesse.

Mon compagnon avait un prénom féminin qu’il aimait depuis toujours : Roxane. Comme il fait beaucoup de théâtre, ce prénom lui convenait, je n’avais pas de coup de coeur mais bon ce prénom est d’origine perse et de ce fait il me plaisait car il me rappelait ce côté oriental que j’aime tant et qui est présent dans les prénoms des grandes soeurs. De mon côté, j’aimais un prénom que j’avais entendu en Algérie : Romaïssa. Mais je trouvais qu’il n’allait qu’à une petite brune et nous ne pouvions évidemment pas être sûre qu’elle serait brune. J’essayais de m’habituer au prénom Roxane, d’appeler mon bébé par ce prénom mais je ne m’y faisais pas réellement. Puis Manel nous a demandé comment on allait appeler sa petite soeur ; nous lui avons dit. Et un jour, alors qu’elle se promenait avec ma mère, elle lui a dit « Tu sais le bébé va s’appeler Roxane ». Une amie qui passait par là à ce moment a entendu leur conversation. Quelques jours plus tard, j’ai croisé cette amie dans la rue et elle m’a dit « J’ai entendu Manel qui disait que vous alliez appeler votre petite fille Roxane ». Je lui dit oui mais ce n’est pas mon prénom préféré… Elle me dit « Moi je trouve que Roxane est un nom que je donnerais à une chienne pas à un humain ». Je fis part à mon conjoint de cette réflexion et il m’a répondu « Peut-être, mais si les gens donnent des prénoms d’humains aux chiens alors on ne va pas s’en sortir… ». Cette réflexion m’avait gênée et je me voyais de moins en moins avec une petite Roxane. J’ai donc tenté d’autres prénoms Lisa, non. Margaux, ah non ! Mon mari est un vigneron bourguignon, et il ne voulait pas donner le nom d’un grand cru bordelais à sa fille. Puis ma belle-mère a tenté Florine non, Marthe toujours non. Moi j’ai essayé Myriam : il n’aimait pas autant que Roxane, mais pourquoi pas ! Puis non, il est revenu sur Roxane. Et quelques jours avant la naissance j’ai eu une révélation : je voulais Suzanne. Il m’a répondu « Ah oui Suzanne j’adore !! Mais je préfère quand-même Roxane. » Nous décidons donc d’attendre de voir sa bouille pour nous décider.

Le 18 juillet 2008, notre petite fille est sur le point d’arriver et je n’arrive pas à joindre le papa qui est en représentation de théâtre. Je lui téléphone, re téléphone en vain. La sage-femme me demande quel prénom nous voulons lui donner, je lui réponds que comme je le papa n’est pas là et que je n’arrive pas à le joindre, je lui donne le prénom que J’AI choisi : Suzanne. Le papa est arrivé deux heures après la naissance et je lui ai dit « Elle s’appelle Suzanne ». Il était ravi ! Il me propose que nous lui donnions Roxane en deuxième prénom et Romaïssa en troisième pour qu’elle ait un prénom arabe comme ses soeurs. Ce prénom a surpris notre entourage, plus habitué aux prénoms classiques et/ou modernes. Mais nous l’adorons et elle aussi. Nous trouvons qu’elle le porte très bien. »

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Amalia, Philippine

« Pour notre dernière fille, je ne voulais pas connaître le sexe mais mon mari lui voulait. Nous décidons que nous laisserons faire la nature, pas d’amnio pour ce bébé là. Puisque Manel et Suzanne sont en bonne santé, pourquoi s’inquiéter ? Non cette fois j’étais zen et comptais profiter pleinement de cette grossesse jusque fin janvier, date à laquelle doit arriver notre bébé. Première écho, tout va bien et la gynécologue pense savoir que c’est une fille. Moi qui ne voulais pas savoir… mais elle nous dit qu’elle n’est pas sûre tout de même.

Nous réflechissons donc à des prénoms de garçon et de fille. Nous en trouvons trois pour garçon : Olivier, Melchior et Lucas (mais je trouve ce dernier bien trop courant, les deux autres ont un petit côté méditerranéen et oriental qui nous plait beaucoup). Nous penchons plus pour Olivier. Pour une fille c’est une autre histoire. Nous faisons des listes : rien en commun. Ma belle-mère qui aime beaucoup donner son avis nous propose Judith. Oui pas mal mais pas de coup de coeur commun. Nous finissions par nous mettre d’accord pour Lison ou Flora, avec une préférence pour Flora. Nous nous rendons donc à la deuxième echographie avec en tête Olivier ou Flora. La gynécologue nous confirme que nous attendons une petite fille et que l’échographie ne révèle rien d’anormal. Nous repartons donc en nous disant que bientôt, une petite Flora viendra nous rejoindre. Mais ça n’est pas le véritable coup de coeur. Nous refaisons d’autres listes… rien ! Puis je repense au prénom Camélia que j’aimais déjà pour ma fille ainée. Il me dit qu’il n’aime pas trop et lui me propose Emilie. J’aime beaucoup mais ma belle-soeur se prénomme ainsi. Et un jour, je lis un magazine pour futurs et jeunes parents et là je tombe sur le prénom Amalia. J’attends impattiemment que Monsieur rentre du travail pour lui annoncer ma trouvaille et à ma grande surprise il me dit OUI OUI et OUI ! De plus Amalia nous accorde sur le choix entre Emilie et Camélia. Et nous découvrons également que ce prénom signifie « symbole d’espoir » en arabe. Ce qui a fini de nous convaincre car c’est encore un clin d’oeil aux grandes soeurs ! Nous voulions lui donner en deuxième prénom Marie (prénom des deux grands-mères et pour la placer sous la protection de la Sainte Vierge). Puis 3 semaine avant la naissance, l’oncle de mon mari dont il était très proche est décédé. Il se prénommait Philippe. Nous décidons donc que nous lui donnerons en second prénom.

Le 12 décembre 2009, Amalia naît pour notre plus grand bonheur et celui de ses soeurs. Notre entourage a adoré son prénom en dehors de mes beaux-parents qui auraient préféré la forme française de ce prénom, à savoir Amélie (prénom que nous aimons beaucoup par ailleurs).

Voila pour notre belle et grande famille ! »

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Vos enfants portent des prénoms anciens, rares et/ou originaux ? N’hésitez pas à témoigner et partagez avec nous votre Jolie Fratrie : contact@jolisprenoms.fr

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5 commentaires sur "Jolie fratrie // Manel, Fayrouz, Suzanne & Amalia"

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bé
Invité

très belles histoires de prénoms :) Ma préférence pour Suzanne :)
Belle famille :)

M-ilie
Membre
M-ilie

Quel beau récit !
Merci à vous Sophie de vous être livrée avec tant d’amour.
Et merci à vous Mélissa de si bien choisir vos narratrices, donnant ainsi de jolis reflets à votre palette de fratries.

Alice
Invité
Alice

Une très belle et touchante histoire pleine d’espérance!

Ellettres
Invité

Des prénoms très mélodieux, que j’aime beaucoup. Vous avez fait les bons choix à chaque fois ;)

Amalia
Invité
Amalia

Je m’appelle Amalia, mon deuxième prénom est Marie et mon quatrième prénom Suzanne :)
J’adore ce dernier prénom que j’ai hésité à donner à ma fille mais elle ne l’a qu’en troisième place au final!

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