Jolie fratrie // Irène, Olga, Jacob & Serge

Catherine est la maman de quatre enfants, deux filles et deux garçons : Irène, Olga, Jacob & Serge. Deux mamans, deux fois des jumeaux, un duo féminin suivi d’un duo masculin… Catherine nous raconte une belle histoire qui mêle joies, surprises, et bien sûr choix de prénoms !

Nos quatre enfants sont nés en quatre ans, deux par deux. Deux filles, puis deux garçons : quelles surprises, quelles joies, quels… chamboulements ! Chaque fois, nous avons eu à cœur de leur choisir des prénoms à la fois bien distincts et accordés. Nous les souhaitions hors mode mais pas incongrus, intemporels mais pas classiques, peu attribués mais pas forcément originaux, français mais potentiellement internationaux… ou internationaux mais potentiellement français, se prêtant le moins possible aux diminutifs, si possible assez brefs pour supporter un nom de famille long. Voilà pour le cahier des charges…

Irène, Moïra, Jeanne & OlgaAnna, Jeanne (2013-2014)

Première grossesse, longtemps attendue… Alors quelle merveilleuse nouvelle, après moult obstacles franchis, d’apprendre que deux bébés nous attendaient ! Deux filles ! Nous l’avons appris assez tôt, avant d’avoir pris le temps de réfléchir aux potentiels prénoms. Enfin, avant d’y avoir réfléchi trop précisément…

Le prénom Olga caracolait en tête depuis déjà un certain temps. Ah, l’âme russe !… Nous n’avons aucun lien avec ce pays, je le précise, hormis nombre de lectures déterminantes. On nous a souvent posé la question, ce que je conçois tout à fait eu égard aux prénoms de nos enfants qui, prononcés à la suite, peuvent évoquer… n’est-ce pas… un petit quelque-chose. Mais nous ne cherchions pas de cohérence absolue, ne voulions pas de “total look”. Ce qui nous plaisait en revanche, c’est que les prénoms de nos futurs enfants paraissent accordés, se fassent écho d’une manière ou d’une autre. Olga, donc… Prénom rarement attribué mais connu de tous, porteur à nos yeux d’une vraie personnalité, s’ouvrant sur ce O qui lui confère une originalité certaine, aussi bref qu’il est fort, aussi rugueux que rond, en partie international… Bref, le coup de coeur se confirmait.

Pour sa soeur, nous avons mis beaucoup plus de temps à nous décider : nous adorions Moïra… mais ne souhaitions pas deux prénoms en “a”. Alors… Aliénor ? Mon favori, de longue date… mais voilà que je ne sentais plus la même évidence désormais. Charlotte ? Je le trouvais trop classique. Edith ? Mon épouse ne l’appréciait pas spécialement. Gabrielle ? Sans plus pour elle. Margaux / Margot ? Sans plus pour moi. Jeanne ? Trop d’hommages familiaux, nous craignions le “poids de l’héritage”. Garance ? Je l’aimais entre autres pour “Les Enfants du Paradis”, mais le préférais au masculin. Et, comme pour Gabrielle, la syllabe “ga” en commun avec Olga n’était pas des plus heureuses. Et puis un soir elle lance : “Et Irène ? C’est beau, non ? Ancien, rarement attribué mais connu de tous, pas trop long, potentiellement international, lien discret avec Olga (Ah, l’âme russe !), belle signification…”. Dans un premier temps, je n’ai rien dit : je n’avais jamais envisagé ce prénom. Et puis, en y songeant, en me le répétant, en l’associant à Olga, il m’a semblé… formidable.

À 7 semaines du terme prévu, je me retrouve hospitalisée… Nous voici même en salle de naissance ! Il est question que les bébés naissent la nuit même… Finalement, je rentre à la maison quelques jours plus tard. Ça tombe bien : nous tergiversons encore sur les prénoms, même si, au fond…

C’est ainsi que te voici, le jour prévu, Irène Moïra (prénom aux origines galloises et hébraïques, initialement envisagé en premier prénom) et que te voilà, Olga Anna (prénom d’une de mes arrière-grands-mères et rappel de Anne, que j’adore pour une fille comme pour un garçon… mais déjà donné dans ma famille). Irène, “la paix” donc, fut la première : c’est elle qui a reçu ce prénom car elle était d’un grand calme in utero. Olga, qui galopait déjà beaucoup, fut la deuxième bien que son prénom ait été choisi en premier. (Ou comment ramener un peu d’arbitraire dans cette histoire…) Chacune a reçu Jeanne en troisième prénom. À deux, et à deux minutes d’écart, elles ont donné naissance à une famille.

Nous étions comblées.”

Jacob, Léonard & Serge, Isidore (2017-2018)

Moins prompte que moi à envisager l’agrandissement de la famille, mon épouse m’avait finalement dit un soir, après un documentaire sur Gainsbourg (mon cher Gainsbourg) et alors que je me résignais petit à petit à n’avoir pas d’autre enfant : “et si c’est un garçon, nous l’appellerons Serge alors ?”. Bam. Une telle déclaration, un tel engagement vis-à-vis de moi, de notre famille d’alors et à venir, cela valait bien de pré-vérouiller ce prénom, encore totalement hypothétique, virtuel.

Échographie au tout, tout début de la grossesse. Et re-bam ! L’échographiste n’a pas eu besoin de commenter l’image que nous connaissions déjà : notre bonheur allait de nouveau être double. Nous avons quand même eu un fou-rire nerveux, nous repassant en accéléré le film de tout ce qui nous attendait…

Lorsque nous avons appris, quelques semaines plus tard, que nous allions accueillir deux garçons, nous avons vraiment commencé à trouver que notre histoire avait un petit côté extraordi-paire : deux mamans, deux fois deux enfants, deux filles, deux garçons… En tout cas, c’était à nouveau deux prénoms qu’il fallait trouver désormais. Nous avions déjà Serge en ligne de mire, mais rien de définitif et encore beaucoup de temps devant nous. Mon épouse prêchait pour Térence, Eliézer, Joseph, Aloys, Léandre et Raphaël, quand j’argumentais en faveur de Fédor, Clair, Anne (oui oui), Tobie, Laszlo, Hyacinthe, ou encore un Louis-Quelque-chose.

Après avoir renoncé, pour des raisons diverses, à Thaddée / Thaddeus, Archibald, Darius, Benedict, Léonard et Théodore, nous nous retrouvions sur Lazare, Clarence, Étienne (classique mais nous l’aimions beaucoup) et bientôt Isidore, énorme et durable coup de cœur (signification, sonorités, références…). Mais il n’avait pas la même simplicité que les prénoms des grandes et, associé à Serge (qui revenait toujours dans les discussions, creusant son sillon…), il manquait d’humilité, lui faisant presque de l’ombre. C’est alors que j’ai reparlé de Jacob, que j’aimais depuis des années. Personnage emblématique de l’œuvre de Virginia Woolf (l’un de mes… phares littéraires) ; personnage biblique s’il en fut (et quel personnage !) ; peu attribué en France mais internationalement connu, ne surfant pas non plus sur la vague des “bibliques à la mode” : mon épouse n’était pas contre, du tout !

La short-list s’est précisée. Les événements se sont précipités. Me voilà hospitalisée à 9 semaines du terme, on nous parle d’une naissance sous quelques jours. “Et pour les prénoms, on en est où ?”, me demande alors mon épouse. Eh bien je n’en sais rien ; tout ce que je sais, c’est que cette fois je ne rentre pas à la maison mais que les bébés sont bien trop petits pour que j’accepte l’idée de leur arrivée.

Quatre semaines et quatre jours plus tard, il n’est plus question d’attendre davantage : les petits bonhommes grandiront mieux “dehors” que “dedans”. C’est parti ! Jusqu’au bout, nous aurons hésité, mais te voici, Jacob Léonard (je suis bretonne, du Léon… et fan de Leonard Cohen) et te voilà, Serge Isidore (don d’Isis, déesse de la fertilité : nous espérions un 3è enfant et la vie nous en a apporté un 4è) ! Chacun a reçu en troisième prénom celui d’un de ses grands-pères. À deux, et à une minute d’écart, ils ont donné naissance à deux grandes sœurs. Nous nous sentions au complet.”

“Aujourd’hui, nous trouvons bien sûr que chacun porte magnifiquement son prénom : Irène, qui danse et dessine comme elle respire, est notre artiste fantasque, souvent décalée, toujours sensible et si drôle ; Olga galope, anticipe, escrime, écrit (souvent), compte (tout le temps), organise son petit monde et fait preuve d’une grande empathie ; Jacob court, chante, escalade, s’enthousiasme, câline et sa sensibilité est déjà proverbiale ; Serge mime, enchante, rit en cascade, se concentre, taquine et sa filouterie n’est plus à démontrer.

Côté prénom, chacun ses lettres côté sœurs comme côté frères. C’est un détail, mais nous trouvions pas mal qu’il en soit ainsi pour des enfants qui partagent déjà leur jour de naissance avec un(e) autre. Enfin, les jeux de sonorités entre les quatre enfants sont comme un fil invisible qui les lie : les voyelles de Jacob résonnent avec celles d’Olga, les deux E et le R de Serge font écho à Irène tandis que le G le lie graphiquement à Olga et phonétiquement à son frère.

Quant à l’accueil qui leur a été réservé, il a été meilleur que nous ne l’aurions pensé. Ils ont surpris, plus encore pour les garçons car nous n’étions pas là où l’on nous attendait désormais (rétro-russo-bohême-chic ?), mais s’il y a eu quelques réactions mitigées ou des absences de commentaires, nous avons surtout reçu des compliments (et encore aujourd’hui). 

Si les filles avaient été des garçons, les prénoms auraient sans doute été Joseph et Clarence.
Si les garçons avaient été des filles, les prénoms auraient sûrement été Hermione et Marguerite. 

Jamais deux sans… quatre ! Voilà notre histoire, une parmi bien d’autres.”

Vos enfants portent des prénoms anciens, rétro, rares, classiques, bohèmes et/ou originaux ? N’hésitez pas à témoigner et partagez avec nous votre Jolie Fratrie : contact@jolisprenoms.fr

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Mette
Invité
Mette

Très bel ensemble et magnifique histoire. Même si je n’apprécie pas forcément les 4 prenoms individuellement, ils me semblent totalement en harmonie dans cette fratrie . Bravo