Archives de catégorie : la jolie histoire d’un prénom

La jolie histoire d’un prénom // Timothée

En mars 2017, Bérengère était venue se confier sur le blog sur le choix des prénoms de ses deux enfants, Abigaël et Eliam. Fin septembre, un adorable petit Timothée est venu agrandir la famille. Bérengère revient sur Jolis Prénoms pour nous raconter l’histoire de son prénom… Une histoire qui pourrait se résumer ainsi : 3 enfants en moins de 3 ans et 3 prénoms choisis par intuition !

Timothée, Thibaud, Guillaume

“Un an après la naissance d’Eliam, j’entame ma troisième (et dernière) grossesse. Comme il se trouve que je suis celle qui a proposé les prénoms de nos premiers enfants, je tiens à ce que ce soit mari-chéri qui le fasse pour notre petit dernier. Le jour de la Saint-Valentin (soit 15 jours après le test positif), il m’offre une enveloppe comprenant 6 choix de prénoms.

Pour une fille : Lydia, Mira ou Deborah.

Pour un garçon : Mathias, Timothée ou Joël.

Il se trouve que de mon côté, j’avais déjà envisagé Lydia donc j’accepte sans faire d’histoires (même si le prénom Rebecca me fait de l’œil depuis quelques temps). Pour un garçon, en revanche, je ne suis pas très emballée par ses propositions. J’aime bien Timothée mais je le trouve trop courant par rapport aux prénoms de nos aînés. A la place, je lui souffle donc Tobias ou Joachim. Mari-chéri va réfléchir…

Une semaine plus tard, je retrouve un groupe de mamans, comme chaque mois, pour un temps d’échange entre femmes enceintes et jeunes mamans. L’une d’elles vient nous présenter son nouveau-né. On l’interroge sur le prénom du bébé et elle répond avec un grand sourire « Il s’appelle Naël ». Et là, c’est le flash. Je me vois à sa place quelques mois plus tard, avec le même sourire attendri et répondant « Il s’appelle Timothée ». Sur le chemin du retour, je me dis non seulement que nous avons trouvé le prénom mais aussi que nous attendons un deuxième garçon (ce qui sera confirmé par la suite).

3 enfants en moins de 3 ans et 3 prénoms choisis par intuition !

En deuxième et troisième prénoms, Timothée porte ceux de ses oncles (mon frère, celui de mari-chéri et le mari de ma sœur). Ce choix a été influencé par une remarque de ma sœur qui m’a rapporté que durant son enfance elle a toujours regretté d’avoir des deuxième et troisième prénoms « coups de cœur » alors que mon frère et moi portions ceux de nos grands-parents. Elle aurait préféré elle aussi avoir un lien avec notre arbre généalogique.”

Vos enfants portent des prénoms anciens, rétro, rares, classiques, bohèmes et/ou originaux ? N’hésitez pas à témoigner et partagez avec nous votre Jolie Fratrie : contact@jolisprenoms.fr

La jolie histoire d’un prénom // Edith

Une Edith trentenaire nous parle de son prénom, longtemps détesté. Elle nous raconte l’étonnement des personnes rencontrées pour la première fois, des sobriquets pas forcément très heureux donnés par ses camarades, et du rapport qui n’a pas toujours été simple avec son prénom. Un petit récit qui en dit long !  

Edith

“Je m’appelle Edith. On dit souvent qu’on a la tête de son prénom. Quand on me dit Edith, je pense à une petite mamie qui mange des biscuits avec son thé. Ou encore à Edith Piaf. Moi, j’ai 30 ans et je n’aime pas le thé. Et je chante, mais faux. Mon prénom, je l’aime bien, mais en même temps il m’est étranger. Parfois, je le vois écrit, et c’est comme si je le rencontrais pour la première fois.

Mes parents m’ont toujours dit qu’ils avaient failli m’appeler Berthe, parce qu’à la naissance, j’avais de grands pieds. Finalement, avec Edith, je ne m’en suis pas si mal sortie.

Edith, je dois le répéter quand je me présente aux gens, parce que c’est un prénom qui reste rare. Il ne laisse pas indifférent non plus, on me dit souvent que c’est joli. Ou original. J’ai eu du mal à l’assumer, étant plus jeune. Pourquoi je ne m’appelais pas Emilie, un prénom plus passe-partout ? J’aurais voulu me fondre dans la masse, me faire plus discrète. Au lycée, j’ai rencontré une autre Edith. Il a fallu qu’on tombe dans la même classe deux années de suite ! Je me suis sentie moins seule, et, en même temps, moins unique. Beaucoup de mes copines me surnommaient Didith. Je trouvais ça tellement affreux ! Aujourd’hui, je n’ai plus qu’une amie qui m’appelle ainsi, et finalement, j’aime bien, ça a côté affectueux, et ça me fait retomber un peu en enfance.

Maintenant, je crois que je me suis acceptée et affirmée. Le regard des autres me laisse beaucoup plus indifférente qu’à l’époque. Je ne crois pas qu’un prénom à lui seul puisse nous définir, mais je pense malgré tout qu’il peut en dire long sur nous.”

Vous portez un prénom ancien, rare et/ou original ? Vous vous êtes réconciliés avec votre prénom, ou au contraire n’avez jamais réussi à l’accepter ? N’hésitez pas à témoigner et partagez avec nous votre histoire : contact@jolisprenoms.fr

La jolie histoire d’un prénom // Emilienne

Une Emilienne trentenaire… ça ne court pas les rues, n’est-ce pas ? L’une d’entre elles a accepté de venir nous raconter son histoire. Un joli témoignage, à la fois drôle et emprunt de nostalgie, que l’on pourrait résumer en quelques mots : “Je t’aime… moi non plus” !

Emilienne

“Quand ma mère était enceinte de moi (en 1988, pour vous situer), mes parents avaient prévu de m’appeler Guillaume si j’étais un garçon et Ophélie si j’étais une fille. En termes d’originalité, on part donc de loin. Puis ils ont appris que j’étais une fille et ma mère a changé d’avis à propos du prénom, à cause de l’Ophélie d’Hamlet (qui devient folle et se noie – désolée pour le spoil). Peu de temps avant ma naissance, mes parents sont tombés par hasard sur le deuxième prénom d’une de mes arrière-grands-mères, Emilienne, et ont eu un coup de cœur. Adieu Ophélie, bonjour Emilienne.

J’ai des souvenirs d’enfance liés à mon prénom qui ont tous un point commun : Emilienne est un prénom de vieille dame. D’ailleurs si j’en crois Internet, l’âge moyen des Emilienne est de 81 ans et le pic de popularité a eu lieu en 1920, avec 1700 petites Emilienne. L’année de ma naissance, nous avons été 17 à recevoir ce prénom (mais où sont passées les seize autres ?).

Je me souviens du monsieur dont on louait la maison de vacances qui me chantait « Emilienne, ta mère a dit qu’tu r’viennes » ; d’une femme au supermarché qui a sursauté quand elle a entendu ma mère m’appeler dans le rayon, parce que je m’appelais comme elle ; de ma grand-mère qui me montre dans le journal l’avis de décès de mon homonyme (prénom de vieille dame + nom de famille courant = ça m’est déjà arrivé deux fois). Je n’ai jamais rencontré d’autre Emilienne de moins de 70 ans, j’en avais conscience en étant enfant mais ça m’importait peu.

A l’adolescence, ça a été plus difficile. J’étais déjà trop grande, trop bigleuse, trop mal habillée, trop intello, j’aurais bien aimé porter un prénom courant, pour rentrer un peu dans le moule. J’ai essayé de le faire oublier, de trouver un diminutif (notamment « Mim », qui me semblait “in” quand j’avais 13 ans). J’ai été mortifiée un jour au lycée quand quelqu’un a dit de mon prénom « ça fait vieillot, c’est mignon ». Quand je me suis inscrite sur Facebook, j‘ai choisi comme prénom « Emil ». Pareil à la création de ma boîte mail… Bref, Emilienne, c’était trop vieux. (En plus les gens confondaient souvent avec Emeline, Julienne ou Adrienne… ça avait le don de me rendre folle.)

Et puis un jour, je ne sais plus trop quand, mais probablement entre 20 et 25 ans, je me suis dit que je m’appelais Emilienne, après tout, et qu’il serait temps que j’assume mon prénom. Mais je n’arrive pas à définir s’il me plaît ou pas. C’est mon prénom, mon identité, au même titre que mes problèmes de vue ou mon sourire.

Je me le suis approprié, je suis agacée quand on ne sait pas l’écrire (pourquoi les gens veulent-ils systématiquement l’écrire avec deux L, mystère), j’aime bien qu’on me souhaite une bonne fête (le 5 janvier, même si Edouard m’a piqué la place dans le calendrier), je fais des blagues sur le fait que j’ai un prénom de vieille… Bref c’est mon prénom, et je crois que si un jour je croisais une autre Emilienne de mon âge, j’aurais un peu l’impression qu’on me vole quelque chose.”

Vous portez un prénom ancien, rare et/ou original ? Vous vous êtes réconciliés avec votre prénom, ou au contraire n’avez jamais réussi à l’accepter ? N’hésitez pas à témoigner et partagez avec nous votre histoire : contact@jolisprenoms.fr