Archives de catégorie : la jolie histoire d’un prénom

La jolie histoire d’un prénom // Emilienne

Une Emilienne trentenaire… ça ne court pas les rues, n’est-ce pas ? L’une d’entre elles a accepté de venir nous raconter son histoire. Un joli témoignage, à la fois drôle et emprunt de nostalgie, que l’on pourrait résumer en quelques mots : “Je t’aime… moi non plus” !

Emilienne

“Quand ma mère était enceinte de moi (en 1988, pour vous situer), mes parents avaient prévu de m’appeler Guillaume si j’étais un garçon et Ophélie si j’étais une fille. En termes d’originalité, on part donc de loin. Puis ils ont appris que j’étais une fille et ma mère a changé d’avis à propos du prénom, à cause de l’Ophélie d’Hamlet (qui devient folle et se noie – désolée pour le spoil). Peu de temps avant ma naissance, mes parents sont tombés par hasard sur le deuxième prénom d’une de mes arrière-grands-mères, Emilienne, et ont eu un coup de cœur. Adieu Ophélie, bonjour Emilienne.

J’ai des souvenirs d’enfance liés à mon prénom qui ont tous un point commun : Emilienne est un prénom de vieille dame. D’ailleurs si j’en crois Internet, l’âge moyen des Emilienne est de 81 ans et le pic de popularité a eu lieu en 1920, avec 1700 petites Emilienne. L’année de ma naissance, nous avons été 17 à recevoir ce prénom (mais où sont passées les seize autres ?).

Je me souviens du monsieur dont on louait la maison de vacances qui me chantait « Emilienne, ta mère a dit qu’tu r’viennes » ; d’une femme au supermarché qui a sursauté quand elle a entendu ma mère m’appeler dans le rayon, parce que je m’appelais comme elle ; de ma grand-mère qui me montre dans le journal l’avis de décès de mon homonyme (prénom de vieille dame + nom de famille courant = ça m’est déjà arrivé deux fois). Je n’ai jamais rencontré d’autre Emilienne de moins de 70 ans, j’en avais conscience en étant enfant mais ça m’importait peu.

A l’adolescence, ça a été plus difficile. J’étais déjà trop grande, trop bigleuse, trop mal habillée, trop intello, j’aurais bien aimé porter un prénom courant, pour rentrer un peu dans le moule. J’ai essayé de le faire oublier, de trouver un diminutif (notamment « Mim », qui me semblait “in” quand j’avais 13 ans). J’ai été mortifiée un jour au lycée quand quelqu’un a dit de mon prénom « ça fait vieillot, c’est mignon ». Quand je me suis inscrite sur Facebook, j‘ai choisi comme prénom « Emil ». Pareil à la création de ma boîte mail… Bref, Emilienne, c’était trop vieux. (En plus les gens confondaient souvent avec Emeline, Julienne ou Adrienne… ça avait le don de me rendre folle.)

Et puis un jour, je ne sais plus trop quand, mais probablement entre 20 et 25 ans, je me suis dit que je m’appelais Emilienne, après tout, et qu’il serait temps que j’assume mon prénom. Mais je n’arrive pas à définir s’il me plaît ou pas. C’est mon prénom, mon identité, au même titre que mes problèmes de vue ou mon sourire.

Je me le suis approprié, je suis agacée quand on ne sait pas l’écrire (pourquoi les gens veulent-ils systématiquement l’écrire avec deux L, mystère), j’aime bien qu’on me souhaite une bonne fête (le 5 janvier, même si Edouard m’a piqué la place dans le calendrier), je fais des blagues sur le fait que j’ai un prénom de vieille… Bref c’est mon prénom, et je crois que si un jour je croisais une autre Emilienne de mon âge, j’aurais un peu l’impression qu’on me vole quelque chose.”

Vous portez un prénom ancien, rare et/ou original ? Vous vous êtes réconciliés avec votre prénom, ou au contraire n’avez jamais réussi à l’accepter ? N’hésitez pas à témoigner et partagez avec nous votre histoire : contact@jolisprenoms.fr

La jolie histoire d’un prénom // Germain

Il y a 2 ans, Bénédicte était venue sur Jolis Prénoms pour raconter l’histoire des prénoms de ses deux premiers enfantsHenri et Mahaut. Un petit troisième a rejoint la famille en décembre dernier, un adorable garçon prénommé Germain. Bénédicte a accepté de partager avec nous l’histoire de son prénom…

Germain, Paul, Jean

Quand nous étions en essai du petit troisième, j’avais flashé sur deux prénoms : Gustave ou Aliénor. Et une fois que je suis tombée enceinte, Gustave n’était plus un coup de coeur… Sexe surprise pour cette troisième grossesse : encore 2 prénoms à trouver ! 

J’étais persuadée d’attendre une fille, bizarrement je ne cherchais que des prénoms féminins… J’avais complètement occulté que je pouvais attendre un garçon. Mon entourage aussi pensait à une fille. Nous avons fait pas mal de listes. Du côté garçon il y avait : Gustave, Germain, Charles, Ernest, Emile. Et du côté fille : Aliénor, Brune, Victoire, Bérénice, Isabelle, Gabrielle, Céleste, Athéna… Et beaucoup d’autre ! 

A force de réfléchir, mon choix s’est arrêté sur Germain. Il regroupe tout ce que j’aime et a une signification toute particulière pour moi. Il est court, doux mais avec un petit R au milieu. Connu, mais peu porté. Un prénom assez oublié. Un peu comme son frère Henri mais en plus rare. Niveau signification, il en a plusieurs : “de même sang” (donc de ma famille), “germer” (voir une plante germer, c’est la vie) “vient de Germanie” (sachant que mes aînés ont des prénoms germains, je trouve le lien beau) ; ma grand-mère adorée s’appelait Germaine, j’ai aussi appris que mon nom de famille voulait dire “vient de Germanie”, et dernier détail : ça sera le benjamin de la famille et le mari de Germaine s’appelait Benjamin. Bref ! C’était LE prénom !

Donc pour un garçon on était bon. Fallait trouver aussi fort pour une fille… Difficile ! Il restait trois prénoms : Aliénor, que je voyais porter par une rousse, Bérénice, par une brune et Isabelle, par une blonde. Allais-je attendre de voir ses petits cheveux ? Mon mari n’aimait pas du tout le premier… On a hésité entre les deux derniers. Ensuite ne restait qu’Isabelle. Je le trouvais doux, féminin, et très peu répandu chez les enfants. Mais en fait j’en croisais à tous les coins de rue, et ça m’a jeté un froid. J’ai refait des listes et des listes, je n’en dormais plus la nuit, je stressais… J’ai essayé de lâcher prise, mais c’était plus fort que moi, il lui fallait un prénom ! Et à ce moment, je ne me voyais plus avec une fille, mais avec un garçon. Sûrement parce que le prénom garçon était un vrai coup de coeur.

Quinze jours avant mon accouchement, j’ai de nouveau regardé la longue liste des prénoms de fille. Et j’ai fait un gros tri. Le prénom qui m’est apparu a été Léonore. J’avais eu un coup de coeur il y a 7 ans pour ce prénom. Bon c’était pas l’apothéose non plus. C’était vraiment pour avoir un prénom avant de partir à la mat. Avec du recul, je sais que j’aurais eu beaucoup de mal avec le prénom Léonore… J’en aurais sûrement changé à la maternité. Et sûrement pour Aliénor.

On avait nos deux prénoms, enfin !

Le 7 décembre 2017 : c’est un petit Germain qui est entré dans nos vies. Mais quel bonheur de l’avoir parmi nous !! Et de plus il est roux ! Mon rêve, sachant que je suis rousse. Et petit clin d’oeil, c’est ma grand-mère Germaine qui nous a donné ce gène. Comme quoi, elle est toujours présente. Il porte en second et troisième prénoms : Paul (mon papa) et Jean (le papa de mon mari qui s’appelle Jean-Michel). 

Mes trois enfants sont très complices, c’est un bonheur de les voir comme ça. Et j’adore leurs prénoms (heureusement me direz-vous), aucun regret !”

Vos enfants portent des prénoms anciens, rétro, rares, classiques, bohèmes et/ou originaux ? N’hésitez pas à témoigner et partagez avec nous votre Jolie Fratrie : contact@jolisprenoms.fr

La jolie histoire d’un prénom // Charline

Au fur et à mesure des naissances, des témoignages et des jolies fratries, Jolis Prénoms est une famille qui s’agrandit ! Aujourd’hui c’est Bérénice, une jeune maman qui était venue nous parler du choix du prénom de sa petite Alix dans un précédent témoignage, qui revient pour nous dévoiler l’histoire du prénom de sa seconde fille, Charline. Un deuxième bébé qui est arrivé très vite, la difficulté à se mettre d’accord avec le papa, puis un prénom qui s’impose. Une jolie déclaration !

Charline

“Deux enfants rapprochés et on aura notre famille au complet avant nos trente ans. 

L’histoire de Charline pourrait commencer comme ça, sur un coup de tête, par une exigence du cœur. Et puis sa grande soeur, Alix, est tellement prête. Nous n’avons pas d’argument concret pour le dire, on le sent c’est tout. Du haut de ses 14 mois, elle est même plus prête que nous ! 

Ce deuxième bébé arrive très vite ! Tellement vite que sur les premières images on ne le voit pas, ce qui nous a valu une petite frayeur. Mais elle était là et très bien accrochée. Comme pour Alix, on n’ose pas trop parler prénoms trop vite par superstition… Mais au fil des semaines on s’aventure à confier à l’autre ceux que nous aimons. Et souvent… ce n’est pas partagé. 

Il faut préciser que vers trois mois de grossesse, pendant quinze jours, cette petite fille nous a été présentée comme un garçon avant finalement de confirmer ce que j’avais toujours ressenti : c’est une fille. On était plutôt d’accord sur Robin et il faut revoir la copie ! 

Je parle toujours d’Honorine puisque je n’ai pas eu gain de cause pour Alix, j’aime aussi Octavie mais c’est un refus catégorique pour le papa. Je refuse Océane. Il refuse Jeanne. Il adore Élise. Je suis partagée mais je ne m’y oppose pas… Pas tout de suite. Car finalement c’est non. Arrive Apolline que nous aimons tout les deux. Les semaine passent, le jour J approche et pourtant je ne suis pas vraiment fixée…

Mon problème ? Il est un peu farfelu. Je me rappelle qu’une fois le prénom Alix décidé, j’avais ressenti une forme de certitude. C’était ce prénom et pas un autre, peu importe qu’il en existe une dizaine d’autres qui me plaisent. J’avais cette conviction : que ce prénom allait avec mon bébé. Et pour Apolline… non. 

On utilise la même méthode que pour Alix et on dresse une liste de cinq prénoms. Pour être sûrs. Apolline – Iris – Charline – Céleste – Ludivine. C’est à ce moment-là que Charline sort du lot et se fixe tout doucement jusqu’à coller parfaitement avec ce deuxième bébé. J’aime sa douceur, sa féminité, sa légère nonchalance. Il était plutôt temps… Charline est arrivée deux semaines plus tard. Pour le plus grand bonheur d’Alix, et de ses parents. 

Papa fêtera donc ses 28 ans dans une semaine entouré d’Alix sa pétillante et de Charline sa douce. Ce témoignage il l’a lu en partie seulement. Il découvre ses lignes qui lui disent que je l’aime pour l’homme qu’il est, pour le père qu’il est. Qui lui disent surtout que malgré les difficultés qui forgent aussi une famille, les absences, le manque de temps, et ses goûts en matière de prénoms ;)… il a fait de moi une femme, une mère, leur mère et sa femme.”

Votre enfant porte un prénom ancien, rare et/ou original ? N’hésitez pas à témoigner et partagez avec nous la Jolie Histoire de son Prénom : contact@jolisprenoms.fr